Mon fils qui se faufile dans notre lit certains matins pour venir se nicher au creux de mes bras ; on se réchauffe, et je sens ses petites joues, rebondies comme des petites pommes, venir chercher des baisers…
La tendresse, tout aussi inégalée, de ma fille qui me serre dans ses bras lors du câlin du soir ; les litanies et comptines secrètes, personnalisées, qu’on chuchote dans les oreilles. Le partage des inquiétudes, des joies et des espoirs avant de se séparer pour la nuit.
Le regard de mon amoureux qui sait toujours tout me dire, en silence. Selon les jours, cela peut être qu’il me soutient, que je peux compter sur lui, qu’il me trouve belle, qu’il me comprend…
Le soleil matinal, sur la terrasse de notre ancien appartement marseillais, où l’on prenait le petit-déjeuner face à la mer, la Bonne Mère au loin, savourant la pâleur du soleil qui n’aveugle pas encore et la douceur qui précède la chaleur de la journée.
Ces instants de lecture rares où je termine la dernière page d’un livre tellement fantastique que je regrette déjà de l’avoir lu.. car je ne pourrai plus jamais le découvrir pour la première fois.
La consolation de chansons mille fois écoutées et dont je ne me me lasse pas ; elles me réconfortent jusqu’au fond de mes moments de grande tristesse… parmi elles, sans conteste, “Tabajone” d’Ismaël Lô, «Devil Baby » de Mark Knopfler, ou encore « You keep me hangin’on » de JJ Cale…
L’oubli et l’évasion, la vie par procuration offerte par un film, pourvu qu’il soit, selon les jours, grandiose, romantique, prenant, stimulant, drôle, dramatique ou désespéré.
Ces moments d’abandon dans le train, où après une journée et le sentiment du devoir accompli, je choisis une chanson dans mon ordinateur, je mets mes écouteurs, et je l’écoute, en fermant les yeux pour ne penser à rien.. ou en observant mes voisins vaquer à leurs occupations de travailleurs-voyageurs.
Chaque retrouvaille avec ma mère, son amour inconditionnel qui m’entoure dès que je suis près d’elle et me protège du reste.
L’atmosphère détendue, tranquille et chaleureuse des soirées entre amis, les préparatifs dans la cuisine, les fumeurs qui s’échappent à l’extérieur, l’échange de nouvelles, d’anecdotes, de blagues, de confidences alors que les enfants jouent pas loin, puis les joyeux repas en tablée.
L’allongement de mon corps dans l’eau turquoise, jusqu’à ce que seul le visage reste au sec. Alors, ce n’est plus que le silence et quelques bruits sous-marins de sable ou d’eau qui bouge.
Le goût d’une glace servie dans une noix de coco, place Con Rua à Saigon, que je n’ai plus jamais retrouvé ailleurs.
Quelques douceurs, parmi celles qui jalonnent ma jolie petite vie.