Petite Binh

Maman, grande travailleuse, éternelle voyageuse… mais aussi chercheuse de gens, de rencontres, d'humeurs, de couleurs et d'espoir d'un monde meilleur… utopique pragmatique?? "La vie c'est comme une pastèque… il faut l'ouvrir pour savoir si elle est jolie…" (in "Caramel" film de Nadine Labaki – Liban- 2007)

Bienvenue chez moi : Pourquoi ce blog? 30 mars 2011

Je ne serai probablement jamais

Je ne serai probablement jamais une humanitaire du monde, toujours entre 2 continents, à mener des programmes de développement ou d’urgence, à changer comme je le peux la vie des autres, et notamment des plus démunis.. ceux qui sont nés du mauvais côté.. J’aurais été évidemment investie, exaltée, pleine d’espoir et de rage à la fois, devant tout ce qui devrait marcher mais ne marche pas : les démarches administratives auprès des autorités locales, les livraisons en retard, les pressions politiques de pouvoirs locaux despotiques ou incompétents. J’aurais visité des lieux misérables entourée d’enfants souriants et adorables, j’aurais passé des nuits blanches à tenter de résoudre des casse-têtes (le camion en panne en plein désert, un problème de visa) ou à boucler des rapports de mission où le financier doit coller pile-poil. J’aurais connu le désespoir de l’impuissance et la joie des petites réussites.

J’aurais vécu de rencontres amoureuses, avec des médecins urgentistes, des journalistes tout aussi inconstants que moi, avec également quelques hommes de pays lointains, décidément trop lointains pour que l’on se comprenne vraiment. J’aurais toujours été un peu en décalage avec mes amis restés dans le monde occidental, qui auraient vécu leur vie (une femme ou un mari, des enfants,une maison) et qui, à la fois m’admireraient un peu, tout en me prédisant, entre eux, une vie future solitaire et un peu triste quand même (« elle va avoir du mal au retour, à se réadapter« ). Mais ça ne m’aurait pas dérangée, car j’aurais vécu une vie remplie, en accord avec mes idées, et je ne serais probablement jamais rentrée : je me serais, au bout du compte, installée dans un pays, j’aurais adopté des enfants croisés cours de mes missions… et voilà !

Je ne serai vraisemblablement jamais bassiste dans une groupe de rock branché… j’aurais porté des robes courtes et fleuries, arboré des bottes vertes, rouges ou jaunes pour valoriser mes longues jambes ; mon sourire à la fois enjôleur et distant en aurait fait rêver plus d’un, mon allure cool et sexy à la fois aurait suscité l’envie de plus d’une..

J’aurais été un peu border line, grande fumeuse à la voix rauque et buveuse parfois incontrôlable, ça va de soi. Mais surtout, j’aurais été une musicienne rock accomplie, toujours sur les routes avec des groupes et des chanteurs tout aussi cools, sexy et fêtards que moi. Plus que tout, on aurait partagé cette complicité des musiciens, en éternelle état de création.

Je ne serai, c’est sûr, pas non plus actrice de cinéma, toujours entre 2 rôles, jet-laggée entre les différentes personnalités à incarner ; pas plus que je ne serai une danseuse, corps et âme dévolue à mon art, en parfaite maîtrise de mon corps, malléable à merci au profit de chorégraphes brillants mais exigeants.

Voilà, je me suis fait une raison, depuis longtemps évidemment. Il faut bien choisir, on ne peut pas se consacrer à tout à la fois : comme on dit, « on n’a qu’une seule vie« . Alors, je m’applique, et la vie m’a emmenée vers des contrées plus proches, très familières, mais qui, chaque jour, dévoilent leurs surprises et leurs bonheurs.

Je veux être quelqu’un de bien, à l’écoute des miens, des autres et de moi-même. Je veux être consciente de mes chances (des proches aimants, des enfants évidemment les plus… une situation confortable, du bon côté du monde, eh oui) et profiter des petites choses et des grandes, pour ne pas passer à côté. Je veux habiter cette vie, la construire, et aussi comprendre (ou du moins toucher du doigt) ce paradoxe existentiel et un peu étrange (quand aucun Dieu ne nous l’explique) :comment chaque vie peut elle être à la fois si unique et si universelle?

En effet, quelles que soient nos origines sociales et géographiques, nous sommes remués, au-delà de la survie, par des sentiments semblables : l’amour filial, « amoureux », parental, l’amitié, mais aussi l’ambition (aspirer à faire mieux, sous toutes ses formes, “to move on » dirait-on en Amérique), la fierté, la curiosité, l’humour… et je n’ai parlé que des sentiments dits positifs, laissant la liste infinie des sentiments plus négatifs, que l’être humain n’a de cesse de confirmer et rallonger (pas besoin de moi, donc).

C’est un peu ce qui amène ces pages, qui selon les humeurs et inspirations, chercheront à partager, ces pensées, toujours fugaces, qui peuvent traverser l’esprit, et que je vais essayer de fixer avant qu’elles ne s’évaporent, au travers d’évocations parfois réelles, parfois fictionnelles.

Mes articles préférés…

- La vieille dame au bord de l’eau (mai 2008)

- Soeurs de Saigon (juillet 2008)

- Le monsieur du tabac  (août 2009) et Le retour du monsieur du tabac (novembre 2009)

- Dédoublement de nationalité (mai 2010)

- Dis maman, c’est quoi ton boulot? (juillet 2009)

 

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